Les intempéries qui ont quasiment balayé le village de Taradeau ont mobilisé plusieurs équipes de secours départementales. Premières arrivées sur le terrain jeudi 17 juin au petit matin, les 15 personnes du service Plan de Sauvegarde et Prévention des Risques (PSPR) de la Réserve Communale de Sécurité Civile et un volontaire du service civil. Ce service communal a été dépêché sur la commune sinistrée sur proposition du maire de La Seyne après accord de la préfecture du Var.
Des routes défoncées, des canalisations éclatées, des maisons emportées par les eaux de la rivière Argens, des troncs d'arbres et des poteaux électriques gisant au sol, une armada de meubles, d'électroménagers, de vêtements et...des gens au désarroi, hébétés, en détresse dans l'attente des secours. L'équipe PSPR, première arrivée sur les lieux, reçoit un accueil enthousiaste. Immédiatement à pied d'oeuvre, elle est déployée sur la rive droite de Taradeau coupée du reste du village. Les deux ponts qui enjambent la rivière Argens ont été emportés par les crues. Le petit lotissement, du Moulin, est isolé et ses habitants sont livrés à eux-mêmes sans organisation, sans moyen. Les équipes déploient le matériel : un véhicule tout terrain porteur d'eau, un groupe électrogène, des pompes avec lances d'eau, des aspirateurs d'eau, de l'outillage. Mais la priorité a été de stopper l'écoulement des eaux. Il a donc fallu détourner le torrent de boue vers le pluvial lui-même aménagé pour qu'il se déverse vers le bas de l'Argens. Pendant ce temps, une autre équipe évalue les besoins de la population afin de hiérarchiser les priorités : accès aux maisons, nettoyage et déblaiement, ramassage du limon (jusqu'à 50 cm à l'intérieur des habitations). Les hommes pataugent dans la boue, s'engluent jusqu'aux genoux rendant plus difficiles et plus exténuantes les actions d'aide. A grand renfort de lances à eau, habitations et routes sont nettoyées de tout ce qui obstrue l'avancée des équipes. Huit maisons sont dégagées. Le déferlement des eaux a tout emporté pour ne laisser sur place que des centaines de mètres cubes de boue. Qu'il a fallu extraire à la pelle ! Pour certaines, hélas, les équipes n'ont pas eu à se donner tant de mal : il ne restait plus que la dalle en béton !
Test grandeur nature
Face à la détresse et à l'isolement, on imagine le soulagement des habitants de voir arriver une équipe de professionnels. Le maire de Taradeau, décontenancé par le drame en cours, insistera pour que l'équipe seynoise, prévue pour rester 24 heures, prolonge d'autant son soutien. Ce qui a été le cas. Et au bouleversement légitime des habitants, l'engagement professionnel non dénué d'émotion des 15 membres du PSPR a su répondre aux attentes. Pour Christophe Ratinaud, responsable du service, « Nous avons réussi à mettre en application toutes les formations techniques suivies au cours de ces trois dernières années. Elles se sont révélées utiles puisque cela nous a permis de travailler de manière structurée en combinant les forces bénévoles et professionnelles. Dans ce genre de situation, il est important d'être organisé et d'accomplir des gestes précis. Des vies sont en jeu ! ». Et Christophe Ratinaud d'ajouter : «Toutefois, il reste un sentiment d'inachevé car tant reste à faire. Mais aucune équipe d'aide ou de secours ne peut rester trop longtemps sur place. L'engagement est épuisant et constant ». Dès le départ du personnel du PSPR, deux autres équipes sont arrivées sur place : 8 sapeurs-pompiers du bataillon des marins-pompiers de Toulon et 16 sapeurs-pompiers du Service Départemental de Secours du Vaucluse.
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